Au-delà de l'émotion suscitée par sa disparition, la mort de la princesse Bajrakitiyabha représente également une perte importante pour la monarchie thaïlandaise. Depuis son accession au trône en 2016, à la suite du décès du roi Bhumibol Adulyadej, Rama X a entrepris de réorganiser progressivement le fonctionnement de l'institution royale. Dans ce contexte, sa fille aînée apparaissait comme l'une des personnalités les plus expérimentées de la nouvelle génération.
Juriste reconnue, diplomate appréciée et membre actif de nombreuses fondations royales, elle incarnait une forme de lien entre l'héritage du règne exceptionnel de son grand-père, Rama IX, et les défis auxquels la monarchie thaïlandaise est confrontée aujourd'hui.
Sa disparition soulève également de nouvelles interrogations concernant l'avenir de la famille royale et la place que pourraient désormais occuper les autres enfants du souverain dans la vie publique du royaume.
À Bangkok, les préparatifs des funérailles royales ont déjà commencé. Le palais a annoncé que les cérémonies se dérouleraient « avec les plus grands honneurs, conformément à la tradition royale ». La Thaïlande possède l'un des protocoles funéraires monarchiques les plus élaborés au monde, mêlant rites bouddhistes, traditions ancestrales et cérémonial royal hérité de plusieurs siècles d'histoire.
Au cours des prochaines semaines, des milliers de Thaïlandais devraient venir rendre hommage à celle que beaucoup surnommaient affectueusement la « princesse Bha ». Pour toute une génération, elle représentait un visage moderne de la monarchie : celui d'une femme cultivée, engagée dans le service public, et profondément attachée à son pays.
Sa disparition marque la fin d'un long combat médical suivi avec émotion par tout un royaume et ouvre une nouvelle page dans l'histoire contemporaine de la dynastie Chakri.
L'équipe Anecdotes Royales.