Fin et réconciliation posthume
En 1557, Marie connaît une nouvelle grossesse fantôme, un événement tragique qui affaiblit gravement sa santé. Délaissée par un mari absorbé par ses responsabilités impériales, elle meurt le 17 novembre 1558, à l'âge de 42 ans. Sans descendance pour perpétuer son rêve d'un royaume catholique, la couronne revient finalement à sa demi-sœur, Élisabeth, qui, à l'opposé de Marie, abolit ses réformes religieuses et renforce le protestantisme en Angleterre.
Marie est inhumée dans l'abbaye de Westminster, aux côtés d'Élisabeth Ire. Leur tombe porte l'inscription latine suivante, ajoutée par Jacques Ier, roi d'Angleterre et d'Écosse, en 1603 :
"Regno consortes et urna, hic obdormimus Elizabetha et Maria sorores, in spe resurrectionis".
"Consorts du royaume et dans la tombe, ici nous dormons, Élisabeth et Marie , dans l'espoir de la résurrection."
Cette épitaphe souligne une réconciliation posthume entre les deux reines aux parcours opposés, mais dont les destins ont été liés par leur commun héritage. Elle symbolise également la réconciliation des divisions religieuses qui ont déchiré les Tudor, tout en rendant hommage à l'unité retrouvée de la dynastie.
Ainsi, Marie Tudor, de "fille déchue" à "reine absolue", demeure une figure complexe et ambivalente de l'histoire anglaise. Souveraine dévouée à sa foi et héritière d'un destin tragique, elle laisse derrière elle un règne marqué par le sacrifice, une loyauté indéfectible envers ses valeurs, sa foi, et un héritage qui, bien qu'éphémère, a marqué l'Angleterre.
Charbel JOURDAIN et Enzo GUYOT.