Mort du prince Philip : une biographie évoque une maladie tenue secrète pendant des années

30/03/2026

Près de cinq ans après la disparition du prince consort britannique, une nouvelle révélation vient relancer les interrogations autour des circonstances de sa mort. Selon une biographie à paraître outre-Manche, la cause réelle du décès de Philip Mountbatten pourrait être différente de celle officiellement avancée en 2021.

Le mari de Elizabeth II, qui fut prince consort durant près de soixante-neuf ans, s'est éteint le 9 avril 2021 au château de Windsor Castle, à l'âge de 99 ans. À l'époque, le palais s'était contenté d'un communiqué sobre, indiquant que le prince était « décédé paisiblement ». Le certificat de décès mentionnait quant à lui une cause laconique : « old age », soit « mort de vieillesse ».

Une version officielle aujourd'hui remise en question

Cette présentation pourrait toutefois ne pas refléter l'ensemble de la réalité médicale. Dans un ouvrage intitulé La reine Elizabeth II (Queen Elizabeth II), le biographe Hugo Vickers avance une autre hypothèse : le prince Philip aurait en réalité souffert d'un cancer du pancréas, diagnostiqué dès juin 2013.

Selon l'auteur, ce cancer était jugé inopérable. Le diagnostic aurait été posé lors d'un séjour du duc d'Édimbourg à la London Clinic, établissement privé régulièrement fréquenté par les membres de la famille royale. Cette information, si elle est confirmée, suggérerait que le prince a vécu près de huit années avec la maladie, dans la plus grande discrétion.

Interrogé dans les colonnes du Daily Mail, Hugo Vickers décrit un homme affaibli dans les derniers mois de sa vie, mais toujours fidèle à son tempérament indépendant et à son humour parfois mordant.

Le prince Philip en 2013. Creative Commons Attribution 2.0 Générique
Le prince Philip en 2013. Creative Commons Attribution 2.0 Générique

Des derniers instants marqués par la discrétion

Le biographe livre également un récit des dernières heures du prince, fidèle à l'image d'un homme peu enclin à la dramatisation. Selon lui, lors de sa dernière nuit, Philip aurait déjoué la surveillance de ses infirmières pour se rendre dans un salon du château de Windsor, où il aurait bu une bière, un dernier geste de liberté, presque de défi.

De retour dans sa chambre, il se serait ensuite couché. Le lendemain matin, le prince se serait levé, aurait pris un bain, avant de confier ne pas se sentir bien. Il serait alors décédé peu après, sans agitation.

L'absence d'Elizabeth II au moment du décès

Autre élément marquant de ce récit : l'absence de la reine Elizabeth II au moment précis de la mort de son époux. Après plus de soixante-treize années de vie commune, la souveraine n'aurait pas été présente lorsque le prince s'est éteint.

Selon le biographe, elle aurait été profondément affectée par cette disparition discrète, fidèle au caractère du duc d'Édimbourg, qui aurait quitté ce monde « comme si souvent dans la vie, sans dire au revoir » .

Des Britanniques se rassemblant devant Buckingham à l'annonce de la mort du prince Philip, le 9 avril 2021. Creative Commons Attribution 2.0 Générique
Des Britanniques se rassemblant devant Buckingham à l'annonce de la mort du prince Philip, le 9 avril 2021. Creative Commons Attribution 2.0 Générique

Une culture du secret au sein de la monarchie

Ces révélations, si elles ne remettent pas en cause le grand âge du prince au moment de sa mort, illustrent une pratique ancienne au sein de la monarchie britannique : celle de la discrétion absolue sur les questions de santé.

Historiquement, les pathologies des membres de la famille royale ont souvent été tues ou minimisées, afin de préserver l'image de stabilité de l'institution. La mention de « mort de vieillesse » s'inscrit dans cette tradition, privilégiant une communication simple et apaisée, plutôt que des détails médicaux précis.

La possible existence d'un cancer du pancréas, maladie grave et généralement associée à un pronostic réservé, aurait ainsi été tenue secrète pendant plusieurs années, y compris dans les derniers mois de la vie du prince.

Entre respect de l'intimité et exigence de transparence

Ces nouvelles informations soulèvent, une fois encore, la question de l'équilibre entre respect de la vie privée et transparence publique. Figure majeure de la monarchie contemporaine, le prince Philip occupait une place centrale dans la vie institutionnelle du Royaume-Uni, tout en revendiquant une forme de retrait et de discrétion personnelle.

Sa disparition, annoncée avec sobriété en 2021, avait été suivie d'un deuil national marqué par la retenue, en pleine période de pandémie. Aujourd'hui, ces révélations apportent un éclairage différent sur les dernières années de sa vie, sans pour autant altérer l'image d'un homme resté fidèle à lui-même jusqu'au bout.

Car au-delà des causes médicales, c'est peut-être là que réside l'essentiel : dans cette manière, presque silencieuse, de quitter la scène, à l'image d'un prince qui, toute sa vie durant, aura cultivé une forme d'indépendance et de réserve.

Par Enzo Guyot.


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